{"id":418,"date":"2026-03-28T17:10:19","date_gmt":"2026-03-28T17:10:19","guid":{"rendered":"https:\/\/nexttaleus.com\/?p=418"},"modified":"2026-03-28T17:10:21","modified_gmt":"2026-03-28T17:10:21","slug":"la-pauvre-serveuse-remarqua-le-point-rouge-sur-la-poitrine-du-chef-de-la-mafia-et-fut-la-premiere-a-agir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nexttaleus.com\/?p=418","title":{"rendered":"La pauvre serveuse remarqua le point rouge sur la poitrine du chef de la mafia et fut la premi\u00e8re \u00e0 agir\u2026"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cdn.qwenlm.ai\/output\/cdd50396-66c6-48e7-b7b2-d04497f1ac75\/image_gen\/1727f3f5-777d-448c-9d49-63ab595bfc07\/1774717668.png?key=eyJhbGciOiJIUzI1NiIsInR5cCI6IkpXVCJ9.eyJyZXNvdXJjZV91c2VyX2lkIjoiY2RkNTAzOTYtNjZjNi00OGU3LWI3YjItZDA0NDk3ZjFhYzc1IiwicmVzb3VyY2VfaWQiOiIxNzc0NzE3NjY4IiwicmVzb3VyY2VfY2hhdF9pZCI6ImI0YWYzMDZiLTFhYjktNGYxMy1hMzc5LWE0ODMzNGI3NTYwZSJ9.pq6OARL4abn9c9qze7Z6SdZ5NIpGcJE1_gx33jylY_s\" \/><\/p>\n<p>La pauvre serveuse remarqua le point rouge sur la poitrine du chef de la mafia et fut la premi\u00e8re \u00e0 agir\u2026<\/p>\n<p>La distance entre la vie et la mort \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 un centim\u00e8tre.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la seule chose qui s\u00e9parait le plateau de verres tomb\u00e9 au sol de la balle qui aurait perc\u00e9 le c\u0153ur de l\u2019homme le plus craint de Mexico.<\/p>\n<p>La plupart des gens fuient quand ils voient une arme. La plupart crient quand le verre explose.<\/p>\n<p>Mais cette nuit pluvieuse d\u2019octobre, M\u00eda Linares ne courait pas.<\/p>\n<p>Il vit le point rouge en premier.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le mardi 14 octobre 2024. Au quarante-deuxi\u00e8me \u00e9tage de la Tour d\u2019Obsidienne, au milieu du Paseo de la Reforma, l\u2019atmosph\u00e8re du restaurant VIP sentait l\u2019argent ancien, les orchid\u00e9es vanilles et la fatigue. Pour Mia, par-dessus tout, cela sentait la fatigue. Il \u00e9tait debout depuis neuf heures, portant des chaussures noires bon march\u00e9 qui lui serraient les orteils si fort qu\u2019il ressentait une douleur jusqu\u2019aux genoux. Il ne devrait pas fr\u00e9quenter la zone exclusive. Cet espace \u00e9tait autrefois r\u00e9serv\u00e9 aux serveuses qui ressemblaient \u00e0 des mannequins, pas \u00e0 une femme maigre, \u00e0 la peau fonc\u00e9e et \u00e9puis\u00e9e, survivant avec trois emplois et les dettes m\u00e9dicales de sa m\u00e8re qui s\u2019accumulaient sur la table de la cuisine.<\/p>\n<p>Mais un coll\u00e8gue a appel\u00e9 malade et le directeur, un homme en sueur nomm\u00e9 M. Barbosa, l\u2019a point\u00e9e du doigt.<\/p>\n<p>\u00ab Ne parle pas s\u2019ils ne te parlent pas. Et ne l\u2019arrose pas. La table quatre arrive dans cinq minutes.<\/p>\n<p>Mia ne protesta pas. Son loyer \u00e9tait en retard et la maison de retraite o\u00f9 sa m\u00e8re \u00e9tait prise en charge n\u2019attendait pas d\u2019explications.<\/p>\n<p>\u00c0 huit heures quinze, les portes de l\u2019ascenseur s\u2019ouvrirent et l\u2019atmosph\u00e8re du restaurant changea. Ce n\u2019\u00e9tait pas quelque chose de subtil. C\u2019\u00e9tait comme si l\u2019oxyg\u00e8ne avait \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 de l\u2019endroit pour laisser place \u00e0 un seul homme.<\/p>\n<p>Gabriel Montiel.<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019on ne lisait pas les journaux et ne suivait pas les rumeurs sur le milieu de la capitale, on connaissait ce nom. \u00c0 trente-quatre ans, Gabriel dirigeait le consortium Montiel, une organisation officiellement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la logistique, \u00e0 la construction et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e, et officieusement \u00e0 de nombreuses choses que personne n\u2019osait \u00e9num\u00e9rer \u00e0 voix haute. Les gens disaient qu\u2019il contr\u00f4lait les routes, les ports secs, les syndicats et les silences.<\/p>\n<p>Il n\u2019avait pas l\u2019air d\u2019un criminel. Il ressemblait \u00e0 un prince \u00e0 qui on avait appris \u00e0 tuer avant qu\u2019on ne lui apprenne \u00e0 sourire.<\/p>\n<p>Il portait un costume trois pi\u00e8ces gris fonc\u00e9, impeccable, cheveux noirs peign\u00e9s en arri\u00e8re et un look brun br\u00fbl\u00e9, froid et pr\u00e9cis. Il \u00e9tait accompagn\u00e9 de deux hommes. L\u2019un d\u2019eux, immense, avec des \u00e9paules comme un mur, s\u2019appelait Elias. L\u2019autre, mince, \u00e9l\u00e9gant et avec un sourire qui n\u2019atteignait jamais ses yeux, \u00e9tait Nicol\u00e1s Varela, sa main droite.<\/p>\n<p>Mia s\u2019approcha avec le plateau, \u00e0 peine tremblante.<\/p>\n<div class=\"code-block code-block-4\">\n<div data-cptid=\"1613299_read.mindxtop.com_standardbanner_300x250_2\"><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00ab Eau min\u00e9rale \u00bb, ordonna Nicol\u00e1s sans la regarder. Et ouvre le Barolo de quatre-vingt-dix-huit sur la table.<\/p>\n<p>\u00ab Oui, monsieur.<\/p>\n<p>Gabriel ne se retourna m\u00eame pas. Il regardait la ville \u00e0 travers la fen\u00eatre pleine de pluie, comme si le monde entier lui devait une r\u00e9ponse qui n\u2019\u00e9tait pas encore arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Pendant l\u2019heure suivante, Mia bougea comme un fant\u00f4me. Il remplissait des verres, changeait la vaisselle, enlevait les couverts et essayait de se rendre invisible. Les hommes parlaient \u00e0 voix basse des exp\u00e9ditions, des permis, des syndicats et d\u2019un probl\u00e8me \u00e0 Toluca. Elle n\u2019\u00e9coutait pas par curiosit\u00e9 ; J\u2019\u00e9coutais parce que j\u2019avais grandi dans des familles d\u2019accueil, et les gens qui survivent ainsi apprennent \u00e0 lire une pi\u00e8ce avant de la traverser.<\/p>\n<p>\u00c0 neuf heures et dix, c\u2019est arriv\u00e9.<\/p>\n<p>Mia s\u2019approchait avec le menu des desserts quand Gabriel s\u2019appuya au fond de la zone r\u00e9serv\u00e9e et desserra la veste. Dans le reflet de la fen\u00eatre, derri\u00e8re lui, elle remarqua une lueur minimale, rythm\u00e9e, surnaturelle. Ce n\u2019\u00e9tait pas la ville. Ce n\u2019\u00e9tait pas un phare. Ce n\u2019\u00e9tait pas un feu de circulation.<\/p>\n<p>Puis il le vit.<\/p>\n<p>Un point rouge, fixe, immobile, juste au-dessus de la chemise blanche de Gabriel, au-dessus du c\u0153ur.<\/p>\n<p>Le temps ne s\u2019arr\u00eata pas. Il s\u2019\u00e9tira.<\/p>\n<p>Mia calculait sans savoir ce qu\u2019elle calculait : le reflet dans la vitre, le b\u00e2timent en face, la hauteur, l\u2019angle.<\/p>\n<p>Tireur d\u2019\u00e9lite.<\/p>\n<p>Gabriel leva son verre. S\u2019il penchait \u00e0 peine, peut-\u00eatre que la balle manquerait sa cible. Mais il ne s\u2019inclina pas. Il resta immobile.<\/p>\n<p>Mia ne pensait pas \u00e0 sa m\u00e8re, ni au loyer, ni \u00e0 ce que cela signifiait de toucher un homme comme Gabriel Montiel. Il laissa tomber le menu et cria depuis un endroit primitif de son corps :<\/p>\n<p>\u00ab Accroupissement ! \u00bb<\/p>\n<p>Il se jeta sur lui de toutes ses forces.<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas une pouss\u00e9e \u00e9l\u00e9gante. Ce fut un impact brutal. Son \u00e9paule s\u2019enfon\u00e7a dans la poitrine de Gabriel et ils tomb\u00e8rent tous deux en arri\u00e8re au moment exact o\u00f9 la fen\u00eatre explosa.<\/p>\n<p>Le vacarme secoua la pi\u00e8ce. La balle traversa la table en bois o\u00f9 le torse de Gabriel se trouvait une seconde plus t\u00f4t, envoyant des \u00e9chardes, du verre et du vin partout. Les gens hurlaient. Elias avait d\u00e9j\u00e0 sorti l\u2019arme. Nicol\u00e1s renversa la table pour les couvrir.<\/p>\n<p>Mia \u00e9tait sur Gabriel, respirant contre son cou, sentant le bois de santal, la poudre \u00e0 canon et le danger. Quand elle releva le visage, elle vit ses yeux grands ouverts. Le calme terne avait disparu ; Maintenant, il y avait quelque chose de bien pire : une concentration absolue.<\/p>\n<p>Gabriel toucha sa tempe. Ses doigts en sortirent tach\u00e9s de sang.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es bless\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai vu\u2014 \u00bb J\u2019ai vu un point rouge \u00bb, balbutia-t-elle. Sur sa chemise.<\/p>\n<p>Elijah releva Gabriel. Nicol\u00e1s criait \u00e0 la radio. Tout \u00e9tait chaotique.<\/p>\n<p>Mais Gabriel ne l\u00e2cha pas le poignet de Mia.<\/p>\n<p>\u00ab Elle vient avec nous.<\/p>\n<p>\u00ab Chef, c\u2019est une civile, \u00bb grogna El\u00edas. Il faut qu\u2019on bouge.<\/p>\n<p>\u00ab Il a vu le tireur. \u00bb Il vient avec nous.<\/p>\n<p>Mia n\u2019avait pas le choix. Ils l\u2019ont retir\u00e9e du service, descendue d\u2019une \u00e9chelle de secours et plac\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019un camion blind\u00e9. Quand ils commenc\u00e8rent sous la pluie, elle se tourna une derni\u00e8re fois vers la tour. Sa vie normale \u2014 pauvre, fatigu\u00e9e, mis\u00e9rable, mais la sienne \u2014 disparut \u00e0 cet instant.<\/p>\n<p>Ils l\u2019emmen\u00e8rent dans une propri\u00e9t\u00e9 cach\u00e9e dans les bois, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Valle de Bravo. Une forteresse de verre, de b\u00e9ton et de silence.<\/p>\n<p>Ils lui ont pris son t\u00e9l\u00e9phone portable. Elle fut examin\u00e9e par une femme qui ressemblait plus \u00e0 une soldate qu\u2019\u00e0 une gouvernante. Puis ils la conduisirent dans un immense bureau o\u00f9 Gabriel, d\u00e9j\u00e0 sans cravate et la chemise \u00e9clabouss\u00e9e de sang, versait du whisky pr\u00e8s d\u2019une chemin\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Bois \u00bb, dit-il en lui tendant un verre.<\/p>\n<p>\u00ab Je veux rentrer \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>\u00ab Tu ne peux pas retourner chez toi. Celui qui a rat\u00e9 le tir a rat\u00e9 \u00e0 cause de toi. \u00c7a fait de toi un fil en suspens.<\/p>\n<p>Mia sentit ses jambes fl\u00e9chir.<\/p>\n<p>\u00ab Alors je suis prisonni\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es un invit\u00e9 avec une surveillance renforc\u00e9e.<\/p>\n<p>Il s\u2019approcha et s\u2019accroupit devant elle.<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi as-tu fait \u00e7a ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je te l\u2019ai dit.<\/p>\n<p>Sa voix baissa. Tu as risqu\u00e9 ta vie. Pourquoi ?<\/p>\n<p>Mia serra les poings.<\/p>\n<p>\u00ab Parce que mon p\u00e8re est mort dans une fusillade quand j\u2019avais six ans. Je quittais un magasin. Personne ne le poussait. Personne ne lui criait de descendre. J\u2019ai vu la tache sur sa poitrine et je n\u2019ai pas pu\u2026 Je ne pouvais pas laisser \u00e7a se reproduire.<\/p>\n<p>Gabriel l\u2019observa longtemps, cherchant des mensonges l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y avait que des souvenirs. Finalement, il appela Nicol\u00e1s.<\/p>\n<p>\u00ab Pr\u00e9parez-lui une chambre dans l\u2019aile des invit\u00e9s. \u00bb \u00catre vu par un m\u00e9decin. Personne n\u2019entre ni ne sort sans ma permission.<\/p>\n<p>Nicol\u00e1s h\u00e9sita une seconde. C\u2019\u00e9tait minime, mais Mia l\u2019avait remarqu\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab M\u00eame pas moi ? \u00bb<\/p>\n<p>Gabriel tourna lentement la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u00ab M\u00eame pas toi.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, Mia ne dort pas. Il entendit des voix dans le couloir. Elias et Nicholas se disputaient \u00e0 voix basse. Elijah insista sur le fait que quelqu\u2019un dans le cercle avait donn\u00e9 la localisation de Gabriel. Nicol\u00e1s voulait que tout d\u00e9tail que Mia se souvenait lui soit communiqu\u00e9 en premier.<\/p>\n<p>Ce \u00ab premier \u00bb lui figea le dos.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, Gabriel l\u2019attendait sur une terrasse de verre avec un petit-d\u00e9jeuner servi et un pistolet sur la table, comme s\u2019ils appartenaient tous deux \u00e0 la m\u00eame cat\u00e9gorie. Il lui donna un autre t\u00e9l\u00e9phone, pas le sien.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 \u00e0 l\u2019asile de ta m\u00e8re. Vos frais sont couverts pendant un an.<\/p>\n<p>Mia le regarda sans comprendre.<\/p>\n<p>\u00ab Pourquoi ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Parce que je paie mes dettes. \u00bb Et parce que tu vas m\u2019aider.<\/p>\n<p>Devant, il projetait le plan du restaurant. Il expliqua ce que ses hommes n\u2019avaient pas compris : le laser n\u2019\u00e9tait pas une erreur de d\u00e9butant, mais un leurre. Ils voulaient le forcer \u00e0 se d\u00e9placer dans une direction pr\u00e9cise, vers la ligne de tir d\u2019un second tireur.<\/p>\n<p>Mia termina l\u2019id\u00e9e avant qu\u2019il ne la termine.<\/p>\n<p>Gabriel l\u2019observa avec un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>\u00ab Tu as des yeux qui voient des motifs. Mes hommes voient les cibles. Ce n\u2019est pas pareil.<\/p>\n<p>Il expliqua que ce soir-l\u00e0, il y aurait une r\u00e9union avec plusieurs familles de l\u2019entreprise dans une galerie souterraine du quartier Ju\u00e1rez. Il devait l\u2019emporter avec lui.<\/p>\n<p>\u00ab Comme quoi ? \u00bb En tant que t\u00e9moin ?<\/p>\n<p>\u00ab Comme ma fianc\u00e9e.<\/p>\n<p>Mia faillit s\u2019\u00e9touffer.<\/p>\n<p>\u00ab Pardon ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est le costume parfait. S\u2019ils pensent que tu es une jolie distraction, ils ne se soucieront pas de leurs gestes devant toi.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019\u00e9tais serveuse hier.<\/p>\n<p>\u00ab Aujourd\u2019hui, tu es un angle mort.<\/p>\n<p>Elle portait une robe en soie vert \u00e9meraude, avec une fente scandaleuse \u00e0 la jambe et des boucles d\u2019oreilles qui pesaient plus que tout ce qu\u2019elle avait dans son appartement. Gabriel, impeccable en smoking, la menait d\u2019une main ferme sur la taille.<\/p>\n<p>\u00ab Souriez \u00bb, murmura-t-il aux cam\u00e9ras.<\/p>\n<p>\u00ab Je te d\u00e9teste \u00bb, murmura-t-elle sans lever les l\u00e8vres.<\/p>\n<p>\u00ab Parfait. Fais-le avec glamour.<\/p>\n<p>La galerie \u00e9tait en b\u00e9ton, froide et hostile. Autour d\u2019une table en acier, plusieurs chefs attendaient. Don Tadeo Rossi, \u00e9norme et en sueur, avec des yeux de requin. Un Britannique nomm\u00e9 Adrian Thorne. Un repr\u00e9sentant russe surnomm\u00e9 Volkov. Et, derri\u00e8re Gabriel, Nicol\u00e1s.<\/p>\n<p>Mia buvait du champagne et feignait l\u2019ennui. Mais il observait.<\/p>\n<p>Volkov frappait le verre avec un rythme r\u00e9p\u00e9t\u00e9. Nicol\u00e1s ne gardait pas le p\u00e9rim\u00e8tre ; il observait Volkov. Sous la table, Mia vit la pointe d\u2019une mallette noire qui n\u2019y \u00e9tait pas au d\u00e9but. Il comprit en une seconde.<\/p>\n<p>Elle se pencha vers Gabriel comme si elle allait l\u2019embrasser.<\/p>\n<p>\u00ab Le Russe envoie des signaux \u00e0 Nicol\u00e1s. Il y a une mallette sous ta chaise.<\/p>\n<p>Gabriel ne demanda rien. Il se leva.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019en ai assez de ce vin.<\/p>\n<p>Les lumi\u00e8res se sont soudainement \u00e9teintes.<\/p>\n<p>Une pluie de balles \u00e9clata.<\/p>\n<p>Gabriel jeta Mia au sol et ils roul\u00e8rent derri\u00e8re une sculpture en bronze alors que le salon tournait en guerre. Elias se battait pr\u00e8s de la sortie. Nicol\u00e1s cria \u00ab les voil\u00e0 ! \u00bb et \u00e0 ce moment-l\u00e0, la trahison fut confirm\u00e9e.<\/p>\n<p>Poudre \u00e0 canon. Cris. M\u00e9tal. Verre.<\/p>\n<p>\u00ab On est pi\u00e9g\u00e9s, \u00bb haleta Mia.<\/p>\n<p>Puis il aper\u00e7ut, en arri\u00e8re-plan, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la terrasse, deux chauffages \u00e0 gaz et des bouteilles de propane.<\/p>\n<p>\u00ab Donne-moi ton arme. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Quoi ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Donne-le-moi ! \u00bb<\/p>\n<p>Gabriel lui tendit un pistolet en guise de secours.<\/p>\n<p>Mia tira sur le char. Il a \u00e9chou\u00e9. Gabriel se couvrit la t\u00eate en continuant \u00e0 tirer. Elle prit une inspiration, corrigea l\u2019angle et appuya de nouveau sur la g\u00e2chette.<\/p>\n<p>Cette fois, le gaz siffla.<\/p>\n<p>\u00ab Maintenant, le chauffage \u00bb, cria-t-il.<\/p>\n<p>Gabriel comprit imm\u00e9diatement. Un tir pr\u00e9cis et l\u2019air se transforma en feu.<\/p>\n<p>L\u2019explosion a ouvert une partie du mur lat\u00e9ral. Des alarmes retentissaient, et des arroseurs trempaient l\u2019enfer. Gabriel prit Mia par la taille et ils fuirent tous deux \u00e0 travers la fum\u00e9e, l\u2019eau et le chaos.<\/p>\n<p>Ils arriv\u00e8rent dans une ruelle \u00e0 trois p\u00e2t\u00e9s de maisons. L\u00e0, enfin, Gabriel s\u2019effondra.<\/p>\n<p>Mia vit le sang sur son c\u00f4t\u00e9 et sentit le monde s\u2019effondrer sur elle.<\/p>\n<p>\u2014Non. Non, non, non\u2026<\/p>\n<p>Il pressa la blessure \u00e0 deux mains. Gabriel pouvait \u00e0 peine sourire.<\/p>\n<p>\u00ab Tu as fait exploser une galerie d\u2019art \u00bb, murmura-t-il avec une admiration absurde.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai improvis\u00e9 \u00bb, sanglota-t-elle.<\/p>\n<p>\u00ab Ne fais pas confiance\u2026 \u00e0 Nicol\u00e1s\u2026 ou en personne\u2026<\/p>\n<p>Et il s\u2019\u00e9vanouit.<\/p>\n<p>Mia appela le num\u00e9ro d\u2019urgence qu\u2019il lui avait donn\u00e9. Un m\u00e9decin clandestin nomm\u00e9 V\u00edctor arriva dans une camionnette grise et l\u2019op\u00e9ra dans une clinique cach\u00e9e sous une blanchisserie du quartier de Guerrero. Pendant des heures, Mia resta assise \u00e0 fixer le moniteur de pouls, redoutant chaque silence.<\/p>\n<p>Quand Gabriel se r\u00e9veilla, \u00e0 l\u2019aube, il la trouva endormie sur une chaise, la main toujours pos\u00e9e sur son avant-bras.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es encore l\u00e0 ? \u00bb murmura-t-il.<\/p>\n<p>Mia ouvrit soudain les yeux et laissa \u00e9chapper un rire bris\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Je comptais te voler ta montre, mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019attendre que tu te r\u00e9veilles. \u00bb<\/p>\n<p>Il leva la main et glissa une m\u00e8che derri\u00e8re son oreille.<\/p>\n<p>\u00ab Tu m\u2019as encore sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Mia voulait plaisanter. Elle voulait jouer la dure. Mais il ne pouvait pas.<\/p>\n<p>\u00ab Ne me fais pas mourir, hein ? \u00bb<\/p>\n<p>Un silence \u00e9pais s\u2019installa.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 moi \u00bb, dit-il tr\u00e8s doucement. Reste avec moi.<\/p>\n<p>Elle savait qu\u2019il \u00e9tait trop tard. Elle tombait amoureuse du pire homme possible.<\/p>\n<p>Les jours suivants leur apport\u00e8rent des nouvelles noires. Nicol\u00e1s avait pris le contr\u00f4le. Il avait r\u00e9pandu la nouvelle de la mort de Gabriel et convoqu\u00e9 un sommet pour consolider son pouvoir dans le penthouse de Reforma. Elias a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort dans un canal. Les loyalistes furent purg\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Je vais le tuer \u00bb, dit Gabriel, toujours p\u00e2le, essayant de sortir du lit.<\/p>\n<p>\u00ab Tu ne peux m\u00eame pas marcher sans faire une grimace de souffrance \u00bb, r\u00e9pondit Mia.<\/p>\n<p>Il attrapa un marqueur et dessina le penthouse sur un tableau noir.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n\u2019entrerons pas en soldats. Nous allons entrer en invisibles.<\/p>\n<p>Elle a re\u00e7u des uniformes de traiteur, a chang\u00e9 la couleur de ses cheveux, a mis de grosses lunettes et est devenue juste une employ\u00e9e de plus du service. Personne ne regarde une serveuse. Personne ne se souvient de la femme tenant un plateau.<\/p>\n<p>Lors du festin du faux roi, Nicolas porta un toast avec le costume pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Gabriel pos\u00e9 sur son corps, comme si les v\u00eatements pouvaient lui donner de l\u2019autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Mia se d\u00e9pla\u00e7a parmi les invit\u00e9s la t\u00eate baiss\u00e9e. Quand un serveur a lanc\u00e9 une assiette, il a profit\u00e9 de la distraction, s\u2019est plac\u00e9 derri\u00e8re le bar et a connect\u00e9 une cl\u00e9 USB \u00e0 un virus qui a d\u00e9sactiv\u00e9 les cam\u00e9ras et les capteurs. Puis il donna le signal.<\/p>\n<p>Quelques minutes plus tard, les portes de l\u2019ascenseur de service s\u2019ouvrirent.<\/p>\n<p>Gabriel Montiel entra dans la pi\u00e8ce comme s\u2019il \u00e9tait revenu de l\u2019enfer et qu\u2019elle lui appartenait aussi.<\/p>\n<p>Le silence \u00e9tait total.<\/p>\n<p>Nicol\u00e1s est devenu blanc.<\/p>\n<p>\u00ab Impossible\u2026<\/p>\n<p>\u00ab Sors de chez moi \u00bb, dit Gabriel.<\/p>\n<p>Le chaos \u00e9clata, mais cette fois Gabriel vint pr\u00e9par\u00e9. Il d\u00e9sarma trois hommes avant qu\u2019ils ne puissent r\u00e9agir. Nicol\u00e1s hurla, Rossi essaya de sortir un revolver cach\u00e9 et Mia, sans r\u00e9fl\u00e9chir, prit un plateau en argent et le lui jeta au visage. Le tir de Rossi est all\u00e9 dans le plafond. Gabriel se retourna et neutralisa d\u2019un tir.<\/p>\n<p>Nicol\u00e1s profita de l\u2019occasion pour chercher une autre arme tomb\u00e9e. Mia fouilla dans la poche de son tablier et sortit un collier de diamants qu\u2019elle avait trouv\u00e9 dans le coffre-fort priv\u00e9 : la preuve de l\u2019accord avec Rossi. Il le ramassa juste au moment o\u00f9 la lumi\u00e8re du lustre le frappait.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9clair aveugla Nicol\u00e1s une fraction de seconde.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait suffisant.<\/p>\n<p>Gabriel l\u2019atteignit en deux pas et le fit tomber d\u2019un coup brutal avec la crosse de l\u2019arme.<\/p>\n<p>Personne d\u2019autre ne bougea.<\/p>\n<p>\u00ab La r\u00e9union est termin\u00e9e \u00bb, annon\u00e7a Gabriel en regardant les autres dirigeants. Pars avant que je change d\u2019avis.<\/p>\n<p>Ils sont partis.<\/p>\n<p>Tous.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils furent seuls, Gabriel observa Nicol\u00e1s allong\u00e9 au sol, saignant et vaincu. Il aurait pu le tuer. Mia savait. Mais il a rang\u00e9 l\u2019arme.<\/p>\n<p>\u00ab La mort serait bon march\u00e9 pour toi \u00bb, dit-il. Tu vas vivre longtemps en te rappelant que tu avais tout et que tu l\u2019as perdu en tant que tra\u00eetre.<\/p>\n<p>Puis il se dirigea directement vers la cuisine.<\/p>\n<p>Mia \u00e9tait toujours l\u00e0, avec son uniforme ample, ses lunettes de travers et le c\u0153ur battant \u00e0 tout rompre.<\/p>\n<p>Gabriel s\u2019arr\u00eata devant elle, retira lentement ses lunettes et la regarda comme s\u2019il n\u2019y avait personne d\u2019autre au monde.<\/p>\n<p>\u00ab Tu es vir\u00e9.<\/p>\n<p>Mia cligna des yeux.<\/p>\n<p>\u00ab Quoi ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Tu es une serveuse nulle. Tu cries sur les clients, tu lances des choses, tu lances des plateaux, tu fais exploser des galeries\u2026<\/p>\n<p>Elle laissa \u00e9chapper un rire incr\u00e9dule.<\/p>\n<p>Gabriel sortit une petite bo\u00eete en velours qu\u2019il avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e avant la fusillade.<\/p>\n<p>\u00ab Mais j\u2019ai un autre poste vacant. Partenaire. Le salaire est terrible, les heures sont interminables et de temps en temps ils essaient de vous tuer.<\/p>\n<p>Mia le regarda, puis regarda la ville \u00e9clair\u00e9e derri\u00e8re les fen\u00eatres, ce monstre qui avait failli l\u2019engloutir et semblait maintenant s\u2019ouvrir devant eux.<\/p>\n<p>\u00ab Est-ce que \u00e7a inclut l\u2019assurance sant\u00e9 ? \u00bb<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois, Gabriel sourit sans ombre.<\/p>\n<p>\u2014Couverture totale.<\/p>\n<p>Mia hocha la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u00ab Alors j\u2019accepte. \u00bb<\/p>\n<p>Il l\u2019embrassa l\u00e0, au milieu de la pi\u00e8ce ras\u00e9e, au milieu de la fum\u00e9e, des sir\u00e8nes lointaines et du verre bris\u00e9.<\/p>\n<p>Des mois plus tard, lorsque les choses se sont calm\u00e9es, Gabriel a commenc\u00e9 \u00e0 nettoyer l\u2019entreprise, concluant des alliances avec les pires partenaires et l\u00e9galisant tout ce qu\u2019il pouvait. Mia devint ses yeux et sa conscience, la seule personne capable de lui parler sans peur et la seule dont l\u2019opinion comptait vraiment pour lui. Il a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 sa m\u00e8re dans une meilleure r\u00e9sidence et lui rendait visite chaque dimanche, toujours accompagn\u00e9 de Gabriel. Il n\u2019a jamais essay\u00e9 de lui enlever la lumi\u00e8re ; Il a appris \u00e0 marcher avec elle.<\/p>\n<p>Parfois, quand la ville s\u2019illuminait sous ses pieds depuis le haut du penthouse, Mia pensait \u00e0 la nuit du point rouge. Comment une seule d\u00e9cision avait mis un empire en feu et chang\u00e9 sa vie \u00e0 jamais.<\/p>\n<p>Gabriel la serrait dans ses bras par derri\u00e8re et lui demandait \u00e0 voix basse :<\/p>\n<p>\u00ab Si tu voyais ce point encore, tu le referais ? \u00bb<\/p>\n<p>Mia sourit sans quitter l\u2019horizon des yeux.<\/p>\n<p>\u00ab Oui. Mais cette fois, je te ferais avec plus de style.<\/p>\n<p>Et il rit, ce son \u00e9trange et sombre que seule elle savait comment faire sortir.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019au final, la balle n\u2019avait pas touch\u00e9 le c\u0153ur de Gabriel Montiel.<\/p>\n<p>Cela lui a donn\u00e9 quelque chose de bien pire.<\/p>\n<p>Il lui a donn\u00e9 de l\u2019amour.<\/p>\n<p>Et c\u2019\u00e9tait la seule blessure dont il ne voulait jamais gu\u00e9rir.<\/p>\n<div class=\"code-block code-block-7\">\n<div data-type=\"_mgwidget\" data-widget-id=\"1942388\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"blog-share text-center\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pauvre serveuse remarqua le point rouge sur la poitrine du chef de la mafia et fut la premi\u00e8re \u00e0 agir\u2026 La distance entre la vie et la mort \u00e9tait &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":419,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-418","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-story"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/418","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=418"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/418\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":420,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/418\/revisions\/420"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/419"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=418"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=418"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nexttaleus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=418"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}