PARTIE 7 : « Mon fils de huit ans a été battu à mort dans l’allée de son grand-père. »

PARTIE 7 — L’ORIGINE DU SECRET

Le véhicule roulait depuis près de quarante minutes.
Personne ne parlait.
Noah dormait à l’arrière, la tête contre la vitre.
Daniel, lui, regardait constamment le rétroviseur.
Une voiture noire apparaissait parfois au loin.
Puis disparaissait.
Puis réapparaissait.
Marcus l’avait remarquée lui aussi.
— Tu la vois ?
Daniel hocha légèrement la tête.
— Depuis dix minutes.
Maria regarda dans son rétroviseur.
— Ne vous retournez pas.
— Tu la connais ?
— Non.
— Alors pourquoi tu nous dis de ne pas nous retourner ?
Maria resta silencieuse quelques secondes.
— Parce que si cette voiture nous suit réellement, elle sait déjà que nous l’avons remarquée.
Marcus se pencha légèrement vers l’avant.
— Et si elle ne nous suit pas ?
Maria répondit calmement :
— Alors nous aurons perdu quarante secondes à nous inquiéter pour rien.
Daniel regarda son fils dans le rétroviseur.
Noah dormait toujours.
Et soudain, Daniel comprit quelque chose.
Le danger n’était plus seulement autour de lui.
Il était autour de Noah.
Et cette fois, il ne laisserait personne approcher son fils.

 

 

 

Ils arrivèrent finalement dans une ancienne propriété située à plusieurs kilomètres de la ville.

La maison semblait abandonnée.

Les fenêtres étaient couvertes.

La peinture s’écaillait.

Le jardin était envahi par les mauvaises herbes.

Pourtant, derrière cette apparence délabrée, plusieurs caméras étaient dissimulées.

Maria ouvrit la porte.

— Ici, personne ne sait que nous sommes.

Daniel regarda autour de lui.

— Qui possède cet endroit ?

Maria répondit :

— Une personne morte depuis quinze ans.

Daniel fronça les sourcils.

— Alors comment peut-elle nous héberger ?

Marcus eut un léger sourire.

— C’est exactement pour ça que l’endroit est parfait.

Ils entrèrent.

Noah se réveilla.

— Où sommes-nous ?

Daniel s’accroupit devant lui.

— Dans une maison où personne ne viendra nous déranger.

Noah regarda autour de lui.

— Est-ce qu’on va rester longtemps ?

Daniel hésita.

— Je ne sais pas.

Noah réfléchit.

Puis demanda :

— Est-ce que maman est en sécurité ?

Daniel comprit immédiatement qu’il parlait de Christine.

— Je l’espère.

Noah baissa les yeux.

— Elle me manque.

Daniel sentit son cœur se serrer.

— Je sais.


Pendant que Noah s’installait dans une chambre, Maria ferma toutes les portes.

Marcus sortit son ordinateur.

Daniel posa sur la table la photographie de Diane.

— Nous devons la retrouver.

Maria acquiesça.

— Oui.

— Et nous devons comprendre ce qu’est ce dossier « ORIGINE ».

Marcus ouvrit une copie des fichiers récupérés.

— J’ai commencé à chercher.

Daniel s’approcha.

— Et ?

Marcus agrandit l’écran.

— Le mot « ORIGINE » apparaît seulement trois fois dans les documents de Whitmore.

— Où ?

— Une fois dans un rapport bancaire.

Une deuxième fois dans un fichier supprimé.

Et une troisième fois…

Marcus s’arrêta.

— Dans un dossier qui n’a jamais été ouvert.

Daniel demanda :

— Pourquoi ?

Marcus regarda Maria.

— Parce qu’il était protégé par un mot de passe.

Daniel soupira.

— Tu peux le casser ?

Marcus secoua la tête.

— Pas facilement.

— Combien de temps ?

— Si c’était un système normal, quelques heures.

— Et si ce n’est pas normal ?

Marcus regarda l’écran.

— Plusieurs semaines.

Daniel resta silencieux.

Puis il demanda :

— Pourquoi Richard avait-il besoin d’un système aussi sécurisé ?

Marcus répondit :

— Parce qu’il ne protégeait pas seulement des informations.

— Qu’est-ce qu’il protégeait ?

Marcus tourna l’écran.

— Des identités.


À cet instant, un bruit résonna à l’étage.

Daniel se retourna.

Maria posa immédiatement la main sur son arme.

Marcus se leva.

— Noah.

Daniel monta les escaliers en courant.

La porte de la chambre était ouverte.

Le lit était vide.

Daniel sentit son cœur s’arrêter.

— NOAH !

Aucune réponse.

Il fouilla la salle de bain.

Le couloir.

Le placard.

Puis il entendit une voix.

— Papa ?

Daniel se retourna.

Noah était dans l’escalier.

Il tenait quelque chose dans sa main.

— Je cherchais les toilettes.

Daniel le prit immédiatement dans ses bras.

— Ne me refais jamais ça.

Noah fut surpris.

— Qu’est-ce que j’ai fait ?

Daniel ferma les yeux.

— Rien.

Il le serra plus fort.

Puis il remarqua ce que Noah tenait.

Une vieille clé.

Daniel la regarda.

— Où as-tu trouvé ça ?

Noah pointa le couloir.

— Là-bas.

Maria arriva.

— Quelle clé ?

Daniel la lui donna.

Maria l’examina.

Son expression changea.

— Cette clé…

— Quoi ?

— Elle correspond à une serrure que nous pensions avoir perdue.

Marcus s’approcha.

— Où ?

Maria répondit :

— Dans l’ancien appartement de Richard.


Ils retournèrent dans la pièce.

Marcus posa la clé sous une lampe.

Un petit numéro était gravé dessus.

14.

Daniel sentit un frisson.

Page quatorze.

Encore une fois.

Le nombre revenait toujours.

Onze noms.

Trente-sept noms.

Et maintenant une clé portant le numéro quatorze.

— Nous devons retourner chez Whitmore, dit Daniel.

Maria secoua la tête.

— C’est impossible.

— Pourquoi ?

— Parce que la maison est sous scellés.

Daniel la fixa.

— Alors nous entrerons autrement.

Maria le regarda longtemps.

Puis elle répondit :

— Je pensais que tu dirais ça.


Deux heures plus tard, ils se trouvaient devant l’ancienne propriété de Richard.

Le bâtiment était plongé dans l’obscurité.

Les scellés étaient toujours sur la porte.

Marcus sortit une petite lampe.

— Nous avons environ dix minutes.

Daniel regarda Maria.

— Dix minutes ?

— Après, la patrouille revient.

Ils entrèrent.

L’air était lourd.

Chaque pièce semblait encore porter la présence de Richard.

Des meubles.

Des dossiers.

Des photographies.

Des souvenirs.

Daniel ressentit une profonde répulsion.

— Où était son bureau ?

Maria indiqua l’étage.

Ils montèrent.

La clé numéro 14 ne servait pas à une porte ordinaire.

Marcus inspecta les murs.

— Attendez.

Il toucha une petite plaque métallique.

Puis il regarda Daniel.

— Ici.

La clé entra parfaitement.

Un clic.

Le mur s’ouvrit.

Derrière se trouvait une petite pièce.

Sans fenêtre.

Sans meuble.

Seulement une table.

Et sur cette table…

un dossier.

Noir.

Épais.

Sur sa couverture :

ORIGINE

Daniel s’approcha.

Il posa la main dessus.

Mais avant qu’il puisse l’ouvrir…

son téléphone sonna.

Numéro inconnu.

Il décrocha.

Personne ne parla.

Puis une voix apparut.

Une voix calme.

Presque douce.

— Daniel.

Daniel se figea.

— Qui êtes-vous ?

Un rire léger.

— Tu poses enfin la bonne question.

— Où est Diane ?

Silence.

Puis :

— Elle est vivante.

Daniel ferma les yeux.

— Qu’est-ce que vous voulez ?

— Que tu ouvres le dossier.

Daniel regarda le dossier noir.

— Pourquoi ?

— Parce que tu dois savoir pourquoi ton fils était surveillé avant même sa naissance.

Daniel sentit son sang se glacer.

— Qu’est-ce que Noah a de particulier ?

La voix répondit :

— Ce n’est pas Noah qui est particulier.

Daniel fronça les sourcils.

— Alors quoi ?

Un silence.

Puis :

— C’est sa mère.

Daniel regarda Maria.

Christine.

La voix continua :

— Tu croyais que Richard contrôlait Christine.

Daniel ne répondit pas.

— C’était l’inverse.

Puis la ligne fut coupée.


Personne ne bougea.

Marcus regarda Daniel.

— Qu’est-ce qu’il a dit ?

Daniel répondit lentement :

— Il a dit que Christine n’était pas la victime.

Maria s’approcha.

— Ce n’est pas possible.

Daniel regarda le dossier.

— Il a dit que c’était elle la clé.

Marcus secoua la tête.

— Nous devons savoir ce qu’il y a dedans.

Daniel ouvrit le dossier.

La première page était presque vide.

Une seule phrase.

« Tout a commencé avant Richard. »

Daniel tourna la page.

Une photographie.

Christine.

Très jeune.

Peut-être dix-huit ans.

À côté d’elle…

une femme.

Daniel connaissait cette femme.

Il l’avait déjà vue.

Sur une vieille photographie de l’hôpital.

La mère de Christine.

La grand-mère de Noah.

Mais elle était censée être morte.

Depuis dix-neuf ans.

Daniel sentit sa respiration se couper.

— Maria…

Elle regarda la photo.

Son visage devint livide.

— Ce n’est pas possible.

Marcus demanda :

— Quoi ?

Maria répondit :

— Cette femme n’est pas morte.


Le silence qui suivit fut assourdissant.

Daniel tourna rapidement les pages.

Des dates.

Des adresses.

Des noms.

Des comptes bancaires.

Et toujours le même symbole.

Un cercle traversé par une ligne.

Marcus reconnut immédiatement le symbole.

— Je l’ai déjà vu.

— Où ?

— Dans les documents de Richard.

Il prit une photo.

— Mais je pensais que c’était simplement le logo d’une société.

Maria regarda le symbole.

— Non.

— Tu sais ce que c’est ?

Maria acquiesça.

— Oui.

Elle hésita.

Puis dit :

— C’est le symbole d’une organisation qui existait avant Whitmore Consulting.

Daniel demanda :

— Quel était son nom ?

Maria répondit :

— The Origin Foundation.

Marcus chercha rapidement sur son ordinateur.

— Elle n’existe plus.

Maria corrigea :

— Officiellement.

Daniel sentit une colère froide monter.

— Et officieusement ?

Maria regarda la photographie de la mère de Christine.

— Elle existe toujours.


Ils entendirent soudain un bruit au rez-de-chaussée.

Un pas.

Puis un autre.

Maria éteignit immédiatement la lumière.

Tout le monde se tut.

Quelqu’un était entré dans la maison.

Marcus murmura :

— Nous ne sommes pas seuls.

Daniel regarda Noah.

Il n’était pas là.

Il était resté dans la voiture avec l’agent qui les accompagnait.

Du moins…

c’est ce qu’il croyait.

Daniel prit son téléphone.

Aucun signal.

Puis il reçut un message.

Un seul.

« Vous auriez dû laisser le dossier fermé. »

Daniel sentit son sang se glacer.

Il courut vers la sortie.

Maria le suivit.

Ils descendirent les escaliers.

La porte d’entrée était grande ouverte.

La voiture était toujours là.

Mais l’agent était au sol.

Inconscient.

Et Noah…

avait disparu.


Daniel cria son nom.

— NOAH !

Aucune réponse.

Il courut dehors.

La pluie commençait à tomber.

Une voiture noire démarra au bout de la rue.

Daniel courut.

Trop tard.

Le véhicule disparut dans l’obscurité.

Maria arriva derrière lui.

— Daniel !

Il se retourna.

Son visage était dévasté.

— Ils ont pris mon fils.

Marcus sortit de la maison avec le dossier noir.

— Daniel…

Daniel le regarda.

Marcus tenait une dernière photographie.

Il la retourna.

Au dos, une adresse était écrite.

Et sous l’adresse, trois mots :

« Elle l’attend depuis toujours. »

Daniel fixa l’adresse.

Il la connaissait.

C’était une ancienne clinique.

Une clinique fermée depuis vingt ans.

L’endroit même où Noah était né.

Daniel leva les yeux vers Maria.

— C’est là qu’ils l’ont emmené.

Maria chargea son arme.

— Alors nous allons le chercher.

Daniel serra les poings.

Il n’avait plus peur.

Cette fois, il était furieux.

Et quelque part, dans une pièce froide et silencieuse, Noah ouvrit les yeux.

Devant lui se tenait une femme âgée.

La même femme que Daniel venait de voir sur la photographie.

Elle posa doucement une main sur la tête du garçon.

— Tu as tellement grandi.

Noah recula.

— Qui êtes-vous ?

La femme sourit.

— Je suis quelqu’un que ton père aurait dû rencontrer il y a huit ans.

Noah trembla.

— Je veux mon papa.

Le sourire de la femme disparut.

— Je sais.

Elle se retourna vers une caméra.

Puis elle prononça une phrase qui allait changer toute l’histoire :

— Faites venir Daniel. Il est temps qu’il découvre pourquoi son fils a été choisi.

Et quelque part, à plusieurs kilomètres de là…

Daniel montait déjà dans une voiture.

Sans savoir que cette fois, il ne se battait plus seulement pour sauver Noah.

Il se battait pour découvrir la vérité sur la naissance de son propre fils.

À SUIVRE…

 

Cliquez ici pour lire la suite de l’histoire complète 👉PARTIE (8) :​ « Mon fils de huit ans a été battu à mort dans l’allée de son grand-père. »