PARTIE 7 : – Un père rentre chez lui en courant après que son fils lui a révélé un terrible secret au téléphone.

PARTIE 7 — LE TÉLÉPHONE DERRIÈRE LA PORTE ROUGE

Le téléphone sonnait.
Une fois.
Puis deux.
Puis trois.
Chaque son semblait traverser les murs de la vieille maison et résonner jusque dans la poitrine de Michael.
Personne ne bougeait.
Lena fixait la porte rouge.
Derek, lui, avait cessé de respirer normalement.
Et Michael comprit immédiatement quelque chose.
Ce n’était pas simplement la peur qui retenait Derek.
C’était la reconnaissance.
Derek connaissait cette sonnerie.
— Tu sais ce que c’est, murmura Michael.
Derek ne répondit pas.
Le téléphone sonna encore.
Quatre fois.
Puis s’arrêta.
Le silence qui suivit fut encore plus inquiétant.
Michael posa lentement la main sur la poignée de la porte rouge.
— Michael, attends.
C’était Lena.
— Pourquoi ?
— Parce que Derek vient de reconnaître le téléphone.
Michael se retourna.
Derek avait le visage blême.
— Ce n’est pas possible, murmura-t-il.

 

 

— Quoi ? demanda Michael.

Derek regarda la porte.

— Ce téléphone n’est pas censé exister.

Michael sentit un frisson lui parcourir le dos.

— Alors explique-moi pourquoi il vient de sonner.

Derek baissa les yeux.

— Parce que ton père m’avait dit qu’il avait été détruit.

Michael resta immobile.

Encore une fois.

Son père.

Toujours son père.

Même mort, cet homme semblait continuer à tirer les ficelles de leur vie.

— Tu vas tout me raconter, dit Michael.

— Je te jure que je ne savais pas que cette maison était encore accessible.

— Ce n’est pas ce que je t’ai demandé.

Derek releva les yeux.

— Ton père avait une pièce ici.

Lena fronça les sourcils.

— Quelle pièce ?

Derek hésita.

— Une pièce qui n’apparaissait sur aucun plan de la maison.

Michael sentit son cœur accélérer.

— Derrière cette porte ?

Derek acquiesça.

— Oui.

Michael tourna la poignée.

Elle s’ouvrit.

La porte grinça lentement.

Une odeur de poussière et de vieux bois envahit le couloir.

La pièce était sombre.

Lena alluma sa lampe.

Un petit bureau se trouvait au centre.

Une chaise.

Une vieille machine à écrire.

Des classeurs.

Et, posé sur une table contre le mur…

un téléphone noir.

Michael s’approcha.

Le téléphone était ancien.

Très ancien.

Mais le câble était intact.

Il suivit le fil du regard.

Le câble disparaissait derrière le bureau.

Derek murmura :

— Il est toujours connecté.

Michael se retourna brusquement.

— Connecté à quoi ?

Derek ne répondit pas.

Lena s’approcha du bureau et éclaira le sol.

Sous la poussière, on distinguait une trappe métallique.

Michael s’agenouilla.

Il passa ses doigts sur le bord.

La trappe n’était pas verrouillée.

Il la souleva.

Un escalier descendait dans l’obscurité.

Lena recula.

— Non.

Michael la regarda.

— Pourquoi non ?

— Parce que tout ce que ton père cachait était enterré sous cette maison.

Derek ajouta :

— Et parce que je ne suis jamais descendu là.

Michael fixa l’escalier.

— Alors pourquoi tu sais qu’il existe ?

Derek ferma les yeux.

Pendant quelques secondes, il sembla lutter contre quelque chose en lui.

Puis il souffla :

— Parce que ton père m’y a conduit une seule fois.

Michael ne dit rien.

— J’avais vingt-six ans, continua Derek. Ton père m’a demandé de venir ici. Il m’a fait descendre.

— Pourquoi ?

— Pour me montrer quelque chose.

— Quoi ?

Derek regarda l’obscurité.

— Toi.

Michael sentit son estomac se nouer.

— Moi ?

— Tu avais neuf ans.

Le silence devint lourd.

— Tu étais attaché à une chaise ? demanda Lena.

Derek secoua immédiatement la tête.

— Non.

— Alors quoi ?

— Tu dormais.

Michael recula d’un pas.

— Pourquoi est-ce que je dormais dans une pièce souterraine ?

Derek regarda Michael.

— Parce que ton père voulait vérifier si tu étais capable de reconnaître certaines voix.

Michael ne comprenait plus.

— Quelles voix ?

Derek avala difficilement.

— La sienne.

Puis il ajouta :

— Et celle de Daniel.

Le nom provoqua un choc.

Daniel.

L’homme qu’ils avaient cru mort.

L’homme qui avait finalement révélé qu’il avait survécu.

L’homme qui avait protégé Noah.

L’homme qui connaissait la vérité sur le père de Michael.

Michael descendit la première marche.

— Je veux voir.

Derek attrapa son bras.

— Michael…

— Lâche-moi.

— Tu ne sais pas ce qu’il y a en bas.

Michael fixa sa main.

— Justement.

Derek finit par le lâcher.

Lena descendit derrière Michael.

Derek suivit.

L’escalier semblait interminable.

À chaque marche, l’air devenait plus froid.

Puis ils arrivèrent au sous-sol.

Michael leva sa lampe.

Une immense pièce apparut.

Des étagères couvraient les murs.

Des boîtes étaient empilées jusqu’au plafond.

Certaines portaient des dates.

D’autres seulement des noms.

Michael avança.

Puis il vit quelque chose.

Une boîte blanche.

Sur laquelle était écrit :

MICHAEL — 09

Il s’arrêta.

Lena se rapprocha.

— Ne l’ouvre pas.

Michael posa sa main dessus.

— Pourquoi ?

— Parce que ton père avait gardé ces dossiers pour une raison.

Michael ouvrit la boîte.

À l’intérieur se trouvaient des photographies.

Une photo de lui à neuf ans.

Une autre à onze ans.

Une autre à quatorze ans.

Une autre à dix-sept ans.

Puis une photo de lui adulte.

Michael sentit sa gorge se serrer.

Quelqu’un l’avait observé pendant toute sa vie.

Pas seulement son père.

Quelqu’un avait photographié ses déplacements.

Ses écoles.

Ses amis.

Ses premières voitures.

Même son mariage.

Lena prit une photographie.

Elle pâlit.

— Michael…

Il regarda.

C’était une photo de lui avec Noah.

Elle avait été prise récemment.

Très récemment.

Michael reconnut immédiatement l’endroit.

Le parc.

Là où lui et Noah étaient allés quelques jours auparavant.

Mais il y avait quelque chose de plus inquiétant.

Au dos de la photographie, une date était écrite.

HIER.

Michael sentit le sang quitter son visage.

— Quelqu’un nous suit.

Derek regarda la photo.

— Pas seulement vous.

Il prit une autre photo.

C’était Lena.

Puis une autre.

Derek.

Puis une autre.

Daniel.

Puis une dernière.

Travis.

Tous avaient été photographiés.

Tous.

Derek murmura :

— RAVEN ne surveillait pas seulement ton père.

Michael le regarda.

— Alors qui surveillait RAVEN ?

Derek resta silencieux.

Lena répondit :

— Quelqu’un de plus haut.

Michael fronça les sourcils.

— Plus haut que RAVEN ?

Lena hocha lentement la tête.

— RAVEN n’était peut-être pas le nom de l’organisation.

— Quoi ?

Elle montra le dossier.

Dans le coin inférieur droit figurait un symbole.

Un cercle traversé par une ligne.

Michael reconnut immédiatement ce symbole.

Il l’avait déjà vu.

Sur la lettre de son père.

Sur le métal de la boîte.

Et sur le dossier que Daniel lui avait remis.

— Le même symbole…

Derek recula.

— Non.

Michael le regarda.

— Tu le connais.

— Oui.

— Alors parle.

Derek ferma les yeux.

— Ce symbole appartenait à quelque chose que ton père appelait le Cercle.

— Le Cercle ?

— RAVEN n’était qu’une branche.

Michael sentit une colère froide monter en lui.

— Combien de branches ?

Derek hésita.

— Je ne sais pas.

— Combien ?

— Au moins six.

Lena regarda les dossiers.

— Et ton père n’était pas au sommet.

Michael resta immobile.

— Qui était au sommet ?

Personne ne répondit.

Puis…

le téléphone sonna de nouveau.

Mais cette fois, ce n’était pas dans la pièce.

La sonnerie venait du fond du sous-sol.

Michael se retourna.

Au bout de la pièce se trouvait une deuxième porte.

Noire.

Une lumière rouge clignotait au-dessus.

Derek murmura :

— Cette porte n’existait pas quand je suis venu ici.

Michael avança.

— Elle était pourtant là.

Derek secoua la tête.

— Non.

Michael posa la main sur la poignée.

Le téléphone sonna.

Puis une voix sortit d’un haut-parleur caché dans le mur.

Une voix déformée.

— Michael.

Il se figea.

La voix continua.

— Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que Derek t’a finalement raconté une partie de la vérité.

Derek pâlit.

— Non…

Michael se retourna.

— Qui êtes-vous ?

La voix répondit :

— La personne qui aurait dû être ton père.

Michael resta sans voix.

Lena regarda Derek.

Derek recula.

— C’est impossible.

La voix reprit :

— Derek sait pourquoi.

Michael s’approcha du haut-parleur.

— Vous connaissez mon père ?

Un rire froid résonna dans la pièce.

— Je connaissais l’homme que tu appelais ton père.

Michael sentit quelque chose se briser en lui.

— Où est-il ?

Silence.

Puis :

— Mort.

Michael serra les poings.

— Alors qui êtes-vous ?

La réponse tomba.

— Celui qui l’a remplacé.

Michael sentit son cœur s’arrêter.

Lena porta une main à sa bouche.

Derek murmura :

— Seigneur…

La voix continua :

— Ton père n’était pas le premier homme à porter son nom.

Michael fixa le mur.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Cela veut dire que toute ton enfance était basée sur un mensonge.

Une pause.

— Et que l’homme que tu croyais être ton père n’était pas celui qui t’a donné naissance.

Michael recula.

Lena s’approcha immédiatement de lui.

— Michael…

Il leva la main.

— Non.

Il fixait toujours le haut-parleur.

— Vous mentez.

— J’aimerais.

— Qui est mon père biologique ?

La voix resta silencieuse.

Puis :

— Daniel.

Michael sentit ses jambes faiblir.

— Non.

Derek ferma les yeux.

Lena secoua lentement la tête.

— Ce n’est pas possible.

La voix répondit :

— Daniel n’est pas seulement celui qui a essayé de te protéger.

— Alors qui est-il ?

— Ton père.

Michael recula encore.

Le monde semblait tourner.

Toutes les pièces du puzzle qu’il avait essayé d’assembler depuis des semaines venaient de changer de forme.

Daniel.

Son père ?

Mais Daniel connaissait son père.

Daniel avait travaillé pour lui.

Daniel avait été là quand il était enfant.

Daniel avait disparu.

Puis il était revenu.

Et maintenant…

une voix inconnue lui disait que Daniel était son véritable père.

Michael secoua la tête.

— Je veux une preuve.

La voix répondit immédiatement :

— Tu en as une.

Un tiroir s’ouvrit automatiquement dans le bureau derrière eux.

Michael se retourna.

À l’intérieur se trouvait une enveloppe.

Sur l’enveloppe était écrit :

À MICHAEL — À OUVRIR UNIQUEMENT APRÈS LA MORT DE DANIEL.

Michael fixa l’écriture.

Il la connaissait.

C’était celle de Daniel.

Il prit l’enveloppe.

Ses doigts tremblaient.

— Michael, ne l’ouvre pas, dit Derek.

Michael se retourna.

— Pourquoi ?

Derek avait les yeux remplis de peur.

— Parce que si cette lettre dit ce que je pense…

— Quoi ?

Derek murmura :

— Alors nous avons tous été manipulés depuis le début.

Michael ouvrit l’enveloppe.

Une seule feuille se trouvait à l’intérieur.

Il commença à lire.

Quelques secondes passèrent.

Puis son visage changea.

Lena remarqua immédiatement.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Michael ne répondit pas.

Il lui tendit la lettre.

Lena la prit.

Elle lut.

Ses yeux s’écarquillèrent.

Derek demanda :

— Qu’est-ce qu’elle dit ?

Lena leva lentement la tête.

— Elle dit que Daniel savait que Michael était son fils.

Derek ferma les yeux.

Michael reprit la lettre.

Il lut la dernière ligne.

Et cette phrase lui glaça le sang.

« Si tu lis ceci, Michael, cela signifie que je n’ai pas réussi à les arrêter. Mais surtout… cela signifie qu’ils savent maintenant que tu es vivant. »

Au même instant…

toutes les lumières du sous-sol s’éteignirent.

Noir complet.

Puis un bruit métallique retentit derrière eux.

La porte noire venait de s’ouvrir.

Michael leva sa lampe.

Une silhouette se tenait de l’autre côté.

Une silhouette immobile.

Lena murmura :

— Il y a quelqu’un.

Derek recula.

— Non…

La silhouette avança.

Un pas.

Puis un deuxième.

Michael dirigea la lumière vers son visage.

Il aperçut d’abord les chaussures.

Puis le pantalon.

Puis la veste.

Puis le visage.

Michael sentit son cœur se contracter.

— Daniel ?

L’homme resta dans l’ombre.

Puis il leva lentement la tête.

Ce n’était pas Daniel.

C’était quelqu’un que Michael connaissait.

Quelqu’un qu’il croyait mort.

Quelqu’un dont le nom figurait dans le premier dossier de RAVEN.

Derek murmura :

— Ce n’est pas possible…

L’homme sourit.

— Vous avez enfin trouvé la porte.

Michael fixa son visage.

Il connaissait cet homme.

C’était l’ancien associé de son père.

Celui dont la mort avait été annoncée quinze ans plus tôt.

Celui qui, selon tous les documents, était mort dans un incendie.

L’homme fit un pas supplémentaire.

— Michael, dit-il calmement.

— Qui êtes-vous ?

L’homme sourit davantage.

— Tu me connais sous un autre nom.

Michael sentit son sang se glacer.

L’homme prononça alors un nom que Michael n’avait plus entendu depuis son enfance.

Un nom que son père lui avait interdit de prononcer.

Un nom que Daniel lui-même avait refusé d’expliquer.

Puis l’homme ajouta :

— Et maintenant que tu as ouvert cette porte…

Il regarda Derek.

— …il est trop tard pour refermer le passé.

Soudain, une alarme retentit.

Une lumière rouge envahit le sous-sol.

Et sur le mur apparut une inscription qu’ils n’avaient jamais vue auparavant :

PROJET MICHAEL — PHASE DEUX ACTIVÉE.

Michael fixa les mots.

— Phase deux ?

L’homme sourit.

— Oui.

Puis il regarda Lena.

— Et cette fois, ce n’est pas Michael que nous allons surveiller.

Il marqua une pause.

Son regard se posa sur la photo de Noah.

— C’est son fils.

Lena se précipita vers Michael.

— Il faut appeler Noah.

Michael sortit immédiatement son téléphone.

Mais son écran était noir.

Aucun réseau.

Aucune batterie.

Rien.

Puis, dans l’obscurité, un autre téléphone se mit à sonner.

Michael leva les yeux.

La sonnerie venait de la poche de Derek.

Derek resta figé.

— Ce n’est pas mon téléphone.

La sonnerie continua.

Derek sortit lentement l’appareil.

Un vieux téléphone.

Il n’avait jamais vu cet appareil auparavant.

L’écran affichait un seul mot :

NOAH.

Michael s’approcha.

— Réponds.

Derek trembla.

— Michael…

— Réponds !

Derek appuya sur le bouton.

Il porta le téléphone à son oreille.

Personne ne parla.

Puis une petite voix retentit.

Une voix d’enfant.

Celle de Noah.

— Oncle Derek ?

Derek devint livide.

Michael sentit son cœur se briser.

— Noah ? demanda-t-il.

La voix répondit :

— Papa ?

Michael arracha presque le téléphone des mains de Derek.

— Noah ! Où es-tu ?

Silence.

Puis Noah murmura :

— Papa… il y a un homme ici.

Michael sentit son sang se glacer.

— Quel homme ?

La réponse fut presque inaudible.

— Celui qui était sur la photo.

Michael regarda lentement la photo qu’il tenait encore dans sa main.

La photo du parc.

La photo de Noah.

Et, derrière son fils…

une silhouette floue.

Une silhouette qu’ils n’avaient pas remarquée auparavant.

Michael agrandit mentalement l’image.

Puis il releva les yeux vers l’homme devant lui.

L’homme souriait.

— Tu comprends maintenant, Michael ?

Michael serra le téléphone.

— Qu’avez-vous fait à mon fils ?

L’homme répondit calmement :

— Rien.

Puis son sourire disparut.

— Pas encore.

La ligne fut coupée.

Michael se retourna vers la sortie.

— Je rentre.

Derek l’attrapa.

— Tu ne peux pas sortir comme ça.

Michael le repoussa.

— Mon fils est seul avec eux !

Lena attrapa les clés de la voiture.

— Alors on ne perd pas une seconde.

Ils remontèrent l’escalier en courant.

Mais lorsqu’ils sortirent de la maison…

la voiture de Michael avait disparu.

Et sur le sol, à l’endroit où elle était garée, quelqu’un avait laissé une enveloppe.

Michael la ramassa.

Sur le devant, quatre mots étaient écrits.

TU ARRIVES TROP TARD, PAPA.

Michael ouvrit l’enveloppe.

À l’intérieur se trouvait une seule photographie.

Noah.

Assis dans une pièce inconnue.

Seul.

Et derrière lui, sur le mur…

un immense symbole noir.

Le symbole du Cercle.

Michael fixa la photo.

Puis il remarqua quelque chose.

Au poignet de Noah se trouvait un petit bracelet.

Un bracelet que Michael lui avait offert.

Mais le bracelet portait maintenant un petit pendentif métallique.

Michael zooma sur la photographie.

Il comprit immédiatement.

Ce n’était pas un pendentif.

C’était une clé.

Et au dos de la photo, un message était écrit :

« Si tu veux récupérer ton fils, apporte Daniel. Seul. »

Michael leva lentement les yeux.

Daniel était vivant.

Quelque part.

Et quelqu’un savait exactement où le trouver.

Mais avant même que Michael puisse parler, son téléphone vibra.

Un nouveau message.

Un seul mot.

AUSTIN.

Puis un deuxième message apparut.

« Tu as deux heures. »

Michael regarda Lena.

Puis Derek.

Puis la maison derrière eux.

Pour la première fois, il comprit que tout ce qu’ils avaient découvert jusque-là n’était peut-être pas la fin du complot.

C’était seulement le piège qui devait les conduire ici.

Et maintenant…

quelqu’un avait Noah.

Quelqu’un voulait Daniel.

Et quelqu’un connaissait un secret sur la naissance de Michael que même son propre père avait passé toute sa vie à cacher.

Michael serra la photo dans sa main.

— On va à Austin.

Derek pâlit.

— Michael…

— Quoi ?

Derek regarda le message.

— Tu ne comprends pas.

— Alors explique-moi.

Derek fixa la maison.

— Austin n’est pas seulement l’endroit où RAVEN avait ses opérations.

Il prit une profonde inspiration.

— C’est là que ton père a rencontré Daniel pour la première fois.

Michael resta silencieux.

Derek ajouta :

— Et c’est aussi là que…

Il s’arrêta.

— Là que quoi ?

Derek regarda Michael droit dans les yeux.

— Là que ta mère est morte.

Michael sentit le monde s’arrêter.

Sa mère.

Un sujet dont son père n’avait jamais voulu parler.

Une femme dont il ne possédait presque aucune photographie.

Une mort que tout le monde avait toujours décrite comme un simple accident.

Michael murmura :

— Mon père m’a dit qu’elle était morte dans un accident de voiture.

Derek répondit :

— Il t’a menti.

Michael sentit une colère immense monter en lui.

— Alors comment est-elle morte ?

Derek ne répondit pas.

Lena regarda son visage.

— Derek…

Il baissa les yeux.

— Elle n’est pas morte dans un accident.

Michael serra les poings.

— Alors quoi ?

Derek murmura enfin :

— Elle a été tuée.

Silence.

Puis il ajouta :

— Parce qu’elle avait découvert qui était réellement ton père.

Michael fixa Derek.

Et soudain, tout devint clair.

RAVEN.

Le Cercle.

Daniel.

Son père.

Sa mère.

Sa propre identité.

Et maintenant Noah.

Tout était relié.

Mais une seule question restait.

Pourquoi Michael ?

Pourquoi son père avait-il surveillé sa vie ?

Pourquoi avait-il créé le Projet Michael ?

Pourquoi avait-il menti sur Daniel ?

Pourquoi sa mère avait-elle été tuée ?

Et surtout…

pourquoi le Cercle voulait-il maintenant son fils ?

Michael regarda une dernière fois la photographie de Noah.

Puis il murmura :

— Cette fois, ils ont fait une erreur.

Lena demanda :

— Laquelle ?

Michael replia la photo.

— Ils ont pris mon fils.

Il regarda Derek.

— Et maintenant, ils vont découvrir jusqu’où un père est prêt à aller pour récupérer son enfant.

Au loin, une voiture noire apparut au bout de la route.

Elle s’arrêta quelques secondes.

Une vitre descendit.

Un homme leva la main.

Puis la voiture repartit.

Michael vit quelque chose tomber sur la route.

Une petite enveloppe.

Il s’approcha.

La ramassa.

Et lorsqu’il l’ouvrit…

il trouva une vieille photographie.

Michael enfant.

Sa mère à côté de lui.

Daniel derrière eux.

Et son père…

debout à quelques mètres.

Mais cette fois, quelque chose était différent.

Au dos de la photographie, une phrase avait été écrite par sa mère.

Michael reconnut immédiatement son écriture.

Il lut :

« Michael, si un jour tu découvres cette photo, ne fais confiance à personne. Pas même à l’homme qui prétend être ton père. »

Michael releva lentement les yeux.

La route était vide.

La voiture avait disparu.

Et quelque part, à plusieurs centaines de kilomètres de là, Noah attendait.

L’horloge tournait.

Deux heures.

Pas une minute de plus.

Michael rangea la photographie dans sa poche.

Puis il dit :

— Allons chercher mon fils.

Mais derrière eux, dans la vieille maison, le téléphone noir sonna encore une fois.

Et cette fois…

personne ne répondit.

Pourtant, une voix sortit du combiné.

Une voix de femme.

Douce.

Tremblante.

Et terriblement familière.

— Michael…

Il se retourna.

La voix continua :

— Si tu m’entends…

Une pause.

Puis :

— Je suis désolée de t’avoir laissé croire que j’étais morte.

Michael devint livide.

Lena lâcha la lampe.

Derek recula.

Et Michael comprit alors l’impensable.

La voix appartenait à sa mère.

Elle était peut-être encore en vie….

 

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